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Chronique de chantier
Nettoyage et débarras
Dans un bâtiment laissé à l’abandon, ouvert au vent et à la pluie pendant de nombreuses années, le chantier a commencé par un nettoyage complet de l’ensemble des corps de bâtiments, niveau après niveau, des caves aux combles, en essayant de sauvegarder des éléments relatant le passé architectural, ancien et moderne.
Pas de traces du XVIème siècle mais un amoncellement de gravas contemporains.
C’est à ce moment là que les dessins et tags et peintures issus des années 1990, période de squatt du bâtiment par un collectif d’artistes, ont été répertoriés.
Confortation du bâtiment avant travaux.
Le plaisir de transformer le bâtiment a été précédé par des confortations en sous-œuvre, pour stabiliser l’ensemble des murs et constructions.
Travail long et invisible… l’avancement n’étant relaté que par des courbes de résistance des sols sur des papiers millimétrés.
Trois mois de l’été 2001 étaient passés à la fin de cette phase.
Travaux sur les structures
Après les confortations, charpentes du XVIIème, murs du cloître en pierre taillées du XVIème, deviennent nos sujets hebdomadaires de discussion.
Les réunions de chantier portent tout à la fois sur les méthodes de reprise des structures et les traces que nous décidons de laisser visibles de toute cette histoire « structurelle ».
Que de discussions pour laisser apparents des poteaux en fonte du XIXème siècle au même titre que des poutres en bois du XVIème siècle …tout est affaire d’appréciation des valeurs.
Faut-il garder toutes les traces du passé comme au célèbre MONT ST MICHEL, ou privilégier une époque précisément délimitée comme dans beaucoup de bâtiments dits historiques ?
Cette phase de travaux durera une année complète.
Aménagements intérieurs
Le parti est pris d’attacher la même importance à un tag de CORBEN datant de 1991 (artiste devenu célèbre ayant participé au squatt des années 1990) qu’à un chambranle de porte d’accès au parloir du XVIIème siècle, ou encore à des reprises de structures en métal datant de l’ère industrielle.
Le découpage des volumes et cloisonnement peut alors commencer.
Apparaissent alors 85 unités-logements que nous avions imaginées. Toutes différentes les unes des autres. Ateliers en duplex de grandes surfaces, chambres se blottissant dans les combles, ateliers de plain-pied avec le jardin intérieur… ; la vue se prolonge sur le jardin de la Ville de Paris contigu au couvent.
Au fil du chantier d’aménagement intérieur, se concrétisent, par phases successives de mise en peinture et lumière, les futurs ateliers-logements.
Encore une année de passée.
Le choix des mobiliers, que nous avons en partie dessinés, est en cours.
Frédéric VINCENDON, architecte,
21 avril 2003
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