Projection court métrage sur une proposition d’Ivan Čerečina

 

Projection du court métrage «  Les Statues meurent aussi » de Chris Marker et Alain Resnais (France, 1953, 30 minutes, noir et blanc) suivie de conversations nourries d’un public éclectique.

« Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l’histoire.
Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l’art.
Cette botanique de la mort, c’est ce que nous appelons la culture. »

Répondant à une commande de la revue Présence africaine sur les arts traditionnels africains, les réalisateurs du court métrage les Statues meurent aussi ont pris comme point de départ la question suivante: « Pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au Musée de l’Homme alors que l’art grec ou l’art égyptien se trouve au Louvre ? » .

Ce qui commence comme un documentaire sur l’art africain se recentre vite par cette question et bien d’autres sur les relations entre l’art et le pouvoir, l’Occident et l’Afrique, la vie et la mort.

Révélatrice d’une époque, d’une période dans laquelle la France s’accroche toujours aux derniers vestiges de son empire colonial, la réalisation date d’ un an avant l’Algérie et Diên Biên Phu, et cinq avant la chute de la Quatrième République. Autre signe de l’époque, le film sera censuré à sa sortie, la Commission de Contrôle des Films cinématographiques citant « de nombreuses objections d’une gravité telle » que le film restera interdit en France jusqu’à novembre 1968 ; soit bien après les grands mouvements de décolonisation.

Que reste-t-il donc de ce film aujourd’hui ? Quel regard porte-il sur l’art et la culture ? Quel regard portons-nous sur ces enjeux politiques aussi bien que ces propositions esthétiques ?

 

Ivan Čerečina est doctorant dans le département de l’Histoire de l’art et du cinéma à l’Université de Sydney et critique du cinéma pour la revue australienne 4:3 Film. Lauréat du Power Institue Residency Fellowship (Cité Internationale des Arts, 2016) et du programme de résidences internationales de la Ville de Paris (2017), il est actuellement en résidence au Centre international d’accueil et d’échanges des Récollets. Sa recherche doctorale porte sur l’histoire politique et esthétique du cinéma documentaire français pendant la Quatrième République.

 

Mercredi 23 mai 2018

19h30

centre les récollets / salle des arcades

 

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